La 9ème génération de Civic affiche une esthétique nouvelle sous laquelle on devine cependant l’architecture de sa devancière, c’est qu´il s´agit d´une profonde remise à jour plutôt que d´un tout nouveau modèle.
D´après Honda il s’agirait de révolution dans l´évolution… Tout un programme !
Découverte
Lors de sa présentation en septembre dernier au salon de Francfort, la plastique de cette nouvelle Civic m´avait surpris, voire même un peu choqué, car je ne m´attendais pas à découvrir un modèle « face lifté » mais bien un tout nouveau véhicule. Il faut dire que le modèle précédent avait une telle personnalité que le voir modifié de la sorte avait de quoi déstabiliser. Quelques mois ont passé et, comme c´est souvent le cas avec l´évolution stylistique, les nouvelles lignes passent mieux désormais, au point même de les trouver carrément attrayantes sous certains angles ! L´habitacle innove aussi mais en douceur, le cockpit au look futuriste devient plus conventionnel, non sans converser la caractéristique instrumentation à deux étages particulièrement lisible. Le changement le plus notoire concerne le niveau de la finition, la qualité des matériaux et finalement la fameuse qualité perçue qui donne l´impression d’être à bord d’un véhicule de catégorie premium. Belle progression !
Technique
Fidèle à la tradition japonaise « kaizen » de l´amélioration continue, Honda dit avoir tenu compte des critiques émises à l´égard de la précédente génération et s´est appliqué à les corriger autant que possible. Cela concerne, comme on l´a dit, le style et la qualité perçue mais aussi l’insonorisation et le confort de suspension. Les modifications apportées à la carrosserie ont également profité à l´amélioration de l´aérodynamisme dont le Cx (coefficient de pénétration) a été réduit de près de 13% selon les versions. Les moteurs ont, quant à eux, progressé en sobriété grâce à différentes mesures telles un mode Eco (cartographie moteur adaptée pour réduire la consommation), l´Auto Stop (coupure du moteur à l´arrêt), la grille de calandre à fermeture active (diesel seulement), la réduction de friction des composants internes du moteur et l´optimisation de la lubrification du moteur. Au final, cela donne une réduction globale de la consommation de 10% pour les moteurs essence et de 20% pour le diesel, impressionnant ! Terminons avec le châssis qui bénéficie d´une nouvelle suspension avant et d´une direction retravaillée pour plus de réactivité, d´une barre de torsion arrière plus rigide pour un comportement plus alerte avec des silentblocs hydrauliques pour mieux isoler les trains roulants du châssis, tout bénéfice pour le confort de marche. Une panoplie de système de sécurité active et passive est disponible, tels les traditionnels airbags et VSA, mais aussi le Presafe, l´ACC et le CMBS (Collision Mitigation Brake System).
La Civic étant une vieille connaissance pour votre « serviteur », c´était avec plaisir et curiosité que je prenais le volant de sa dernière évolution. Très vite je constatais le bond effectué en qualité perçue de l’habitacle même si j´étais légèrement dérouté par le nouvel agencement de certaines commandes (climatisation, radio et système multimédia). La position de conduite reste excellente grâce aux réglages multiples des sièges et du volant mais l´assise demeure trop haute (n.d.l.r. en cause le positionnement du réservoir à carburant sous les sièges avant, qui offre davantage d’espace et de modularité à l’arrière). La prise en main m’a faisait (re)découvrir une direction exquise et une boite de vitesse manuelle qui ne l´est pas moins puisqu’elle est, pour moi, l´une des meilleures de la production mondiale, tout simplement ! De part ses nouveaux réglages, le châssis offre un confort accru, non sans se montrer plus alerte, notamment au niveau du train arrière qui devient mobile à souhait lors d´un « levé de pied » ou d´un freinage en appui. Tout cela dans des proportions contenues, bien sûr, et sous le contrôle bienveillant du système de stabilité électronique (VSA). En comparaison, le châssis de sa devancière était plus sportif, moins filtré mais aussi nettement moins confortable, serait-ce cela qu´on appelle mûrir ?
Du coté des moteurs le bilan est moins flatteur avec le 2.2l diesel dont la sonorité métallique sous forte accélération semble trahir une lacune du contrôle d’injection et le 1.8l essence manquant de couple dans les bas régimes. Ceci est d’autant plus regrettable que le silence de fonctionnement (du 1.8l notamment) procure un confort et une onctuosité (aucune vibration) rare dans ce segment. Les performances du 1.8l étant déjà limitées, je n´ai pas jugé opportun de tester le 1.4l essence, tant il est vrai qu´il sera peu convoité dans notre pays, excepté pour une utilisation urbaine…
Finalement cette nouvelle Civic marque de bons points dans pratiquement tous les domaines où elle a progressé, tous sauf au niveau des motorisations dont l´évolution révolutionnaire qu´on est en droit d´attendre de Honda n’est, pour le moment, pas au rendez-vous. Mais patience nous chuchote-t-on du côté de Honda, il y aurait du changement dans l’air !





