McLaren 650S : A l’essai sur Spa-Francorchamps

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C’est lors d’un événement « track day » organisé par Curbstone Track Events que s’est présentée une occasion aussi inattendue qu’exceptionnelle : tester la toute dernière McLaren 650S sur le plus beau circuit du monde !  

Il y a des jours comme ça… Dépêché sur le circuit spadois pour couvrir un événement, voilà que, tout juste arrivé dans les stands, l’organisateur propose de m’inscrire au Pure McLaren Driving Experience… Une initiative de l’usine McLaren pour faire découvrir ses modèles sur les plus beaux circuits du monde.

12C + P1 = 650S

Telle est la formule appliquée par les ingénieurs de Woking pour leur dernière création… En effet, la 650S est le fruit du croisement entre la supercar 12C et la P1, l’hypercar hybride de la marque. A première vue, on pourrait croire qu’il ne s’agit que d’un simple « lifting esthétique » mais, au-delà de la nouvelle face avant empruntée à la P1, la 650S bénéficie d’un nombre important d’innovations (25% des pièces sont nouvelles) pour la rendre encore plus performante et intense à piloter. Les lister toutes ici serait impossible et nous retiendrons simplement que moteur, freins et suspensions ont subi des évolutions profondes qui font dire à certains qu’il s’agit d’un tout nouveau véhicule ou presque…

Ambiance minimaliste

L’ouverture des portes en élytre découvre un cockpit creusé dans un caisson de carbone qui fait office de châssis central et de cellule de survie. L’habitacle de ma voiture d’essai est recouvert d’un cuir couleur chocolat qui se marie délicieusement au carbone et au blanc immaculé de la carrosserie. Magnifique ! La position de conduite est idéale avec de superbes sièges baquets bien enveloppants et un petit volant qui tombe parfaitement en mains. Les instruments sont idéalement intégrés dans la planche de bord qui plonge vers le parebrise à la façon des prototypes du Mans, c’est sobre, efficace, presque minimaliste. Cet habitacle respire les gênes de la compétition à pleins poumons…Quelle ambiance !

Trois petits tours et puis s’en va…

Ca y est ! Me voilà casqué, ganté et harnaché dans mon baquet, je monte en piste… Le premier tour se fait en mode « reconnaissance » pour découvrir les capacités de la 650S. L’impression de douceur émanant de la boîte de vitesses à double embrayage et du moteur, qui ne vibre et ne hurle pas, tranche avec la furie de certains bolides italiens. On comprend d’emblée que cette voiture a été conçue, non seulement pour donner le plein de sensations sur circuit, mais aussi pour être utilisée au quotidien sans fatiguer son conducteur. J’entame mon deuxième tour, celui où je pourrai tenter de claquer un temps ! Le fameux Raidillon est avalé avec une facilité déconcertante et, déjà, j’accélère à fond dans la ligne droite menant aux virages des Combes… La poussée violente du V8 biturbo me cale dans mon siège… l’accélération foudroyante pousse sans faiblir jusqu’au rupteur, quel moteur ! Quand arrive le gros freinage en bout de ligne droite à près de 240 km/h, l’instabilité relative du train arrière me surprend un peu… il faut bien la tenir cette 650S ! La raison viendrait d’une pression des pneus arrière un peu trop élevée… dixit le pilote d’essai qui m’accompagne en passager.  Par contre, rien à redire concernant  le mordant, la puissance et l’endurance des freins carbone céramique. La qualité de la direction est, elle aussi, exceptionnelle. D’une précision chirurgicale, légère mais consistante, elle permet de sentir et de placer le train avant presque comme sur une monoplace. Si un léger sousvirage se manifeste dans les virages serrés, il est cependant très bien maîtrisé pour une supercar évoluant avec de pneus de route. Le comportement général du châssis est neutre et rassurant dans les courbes rapides et ne devient survireur que lorsqu’on réaccélère un peu trop tôt en sortie de courbe… N’oublions pas que 678 Nm transitent par les seules roues arrière !  Pendant ce tour,  j’ai tenté de suivre l’autre 650S, celle conduite par le pilote d’usine qui fait une démonstration à un client… et en lui collant au train, je réalise un chrono de  2’48’’ sans le moindre effort et en relâchant dans les 500 derniers mètres. Impressionnant ! Le tour suivant est déjà le dernier, je soulage pour refroidir la mécanique avant de rentrer aux stands et je me dis qu’avec des pneus racing il doit être possible d’aller chatouiller les 2’40’’, un chrono digne d’une véritable voiture de course. La 650S est redoutable d’efficacité et de facilité, certainement très confortable sur route, elle sait aussi donner des sensations extrêmes sur circuit, quelle merveilleuse machine !

Découvrez un tour en caméra embarquée sur : http://carcoach.lu/news/?

Liens : www.puremclarenexperience.com , www.curbstone.net