VW POLO R WRC : Une Polo de 300 chevaux !

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La POLO R WRC est une série spéciale créée par Volkswagen pour fêter son engagement en championnat du monde des rallyes. Testée sur route et mise à l’épreuve sur circuit, CarCoach vous livre ses conclusions.

Jamais une Polo n’avait affiché une telle puissance ! 220 ch. et 350 Nm, c’est tout simplement du niveau d’une Golf GTI et c’est logique puisqu’elle dispose de son moteur, le fameux 2 litres TSI. Ainsi dotée, elle surpasse largement la Polo GTI et devient donc la Polo la plus puissante jamais produite. Mais ce surplus de puissance est-il exploitable par son châssis ? C’est pour en avoir le cœur net que nous l’avons emmenée sur notre base d’essai… Verdict au bout de ce récit !

Présentation

A part son moteur qu’a-t-elle de spécial cette super Polo ? Comme toute bombinette qui se respecte, elle arbore une robe reconnaissable au premier coup d’œil. Cette série spéciale limitée à 2500 exemplaires est uniquement disponible en version 3 portes aux couleurs de VW Motorsport, soit une carrosserie blanche habillée de bandes grises et bleues sur le capot et les bas de caisse. Ses superbes jantes multibattons de 18’’ teintées canon de fusil et son becquet de toit noir brillant (estampillé de son numéro de série) complètent sa panoplie de petite championne. Dans l’habitacle, on a droit à des sièges sport tissus alcantara et à un superbe volant sport, lui aussi en alcantara, le tout siglé du logo WRC. Ajoutons encore un pavillon intérieur noir et c’est tout ce qui la différencie d’une Polo lambda ; un  peu maigre vu le tarif conséquent…

Technique

Du côté de la mécanique, comme déjà évoqué, il y a le gros moteur de la Golf GTI au potentiel très intéressant. Il s’agit du 2.0 l turbo à injection directe qui équipait la précédente Golf GTI édition 35. A l’inverse de la Polo GTI qui n’est disponible qu’avec la boîte DSG-7, la transmission de la R WRC fait exclusivement appel à une boîte manuelle 6 rapports et fait l’impasse sur l’autobloquant mécanique. Bon, on dispose bien du XDS (antipatinage électronique) mais, en conditions extrêmes, il s’avère impuissant face à la déferlante de couple qui déboule sur les seules roues avant. Le système de stabilité électronique ESP est bien entendu de la partie mais, en revanche, il n’est pas déconnectable… Dommage pour une sportive de cette trempe ! Terminons par le châssis et les freins qui ne semblent pas avoir subi de traitement particulier puisque la hauteur de caisse et les freins semblent être repris de la GTI.

Sur la route

L’installation à bord est bonne sans être parfaite, c’est qu’à l’inverse de la Golf son assise est un peu haute pour une sportive. Le volant tombe bien en main et se révèle très agréable au touché avec son revêtement en alcantara, par contre, pas sûr qu’il vieillira aussi bien que du cuir. Le maniement de la boîte de vitesse est correct, au-dessus de la moyenne pour une VW, c’est déjà ça ! Par contre il vaut mieux remonter l’accoudoir central en conduite sportive car il limite l’amplitude des mouvements du bras droit. De son côté le pédalier alu est bien disposé pour la technique du talon-pointe qui peut s’avérer utile « à l’attaque » ou sur chaussée glissante. Les premières impressions de conduite sont mitigées, le comportement routier est particulier, le châssis donnant l’impression d’être réglé à la fois un peu haut et un poil dur, ce qui ne favorise pas le débattement de ses suspensions et fait sautiller la voiture en posture trop haute … Bizarre pour une auto qui fait référence à une voiture WRC, serait-elle plutôt une pistarde ? Pas sûr… Pour exemple, feu la Focus RS était bien plus homogène et fidèle à sa version WRC question réglages. Pas très à l’aise sur circuit, elle devenait redoutable sur route ouverte, bosselée de préférence ! Bref, rien de rédhibitoire pour la Polo mais on a du mal à se sentir en confiance de prime abord. Au niveau des performances par contre, il n’y a pas de quoi se plaindre tant son moteur déborde de santé. Une telle puissance associée à un poids limité (1249 kg) ça parle ! Si les départs arrêtés sont à éviter à cause de la motricité déficiente et du XDS castrateur, les reprises sont enthousiasmantes… qu’est-ce que ça pousse ! Finalement, on s’habitue à son comportement et elle se révèle efficace sur route mais on perçoit tout de même des effets de couple dans le volant quand on envoie la sauce.

 

Sur circuit

Pour cerner les limites d’une sportive, rien de tel qu’un circuit ! Pour cette raison, nous n’avons pas hésité à emmener notre Polo survitaminée sur notre base d’essai habituelle, le circuit de Chambley situé aux alentours de Metz. Son tracé, très technique, exigeant pour les freins et la motricité, permet de mettre en lumière les qualités et défauts de toute sportive. Dans ces conditions, la Polo R s’est plutôt bien débrouillée face au chrono puisqu’avec un temps de 2’11’’45 elle a battu de justesse la Focus ST que nous avions testée l’année dernière. Cependant les sensations qu’elle a distillées à son pilote étaient assez éloignées de celles de la Focus au comportement vif et rigoureux. En réalité la Polo dispose d’un excellent moteur qu’elle ne peut pleinement exploiter à cause de son châssis un peu brouillon, de son antipatinage purement électronique intrusif et, surtout, de son ESP non déconnectable.

Ses freins commencent à faiblir après 4-5 tours, ce qui est logique pour une routière. Les loupiottes XDS et ESP n’ont cessé de clignoter tout au long de nos tentatives chrono et ce n’est qu’avec le XDS débranché que nous sommes parvenus à sortir notre meilleur temps… tout en patinant généreusement en sortie de courbe ! Il est fort à parier qu’avec un ESP débranchable et des freins plus endurants, on aurait probablement pu gagner une bonne seconde, voire plus… Bref, quelle conclusion tirons-nous de cet essai ? Que la Polo R WRC est une voiture image avant tout ; elle manque de développement pour être une arme sur circuit. Par exemple, il lui manque un autobloquant mécanique, des freins 4 pistons à l’avant avec des disques flottants et des suspensions réglées correctement pour permettre d’en exploiter tout le potentiel ESP OFF… Comme une certaine Mégane RS ! Mais il faudra alors un peu de métier à son pilote pour la garder sur la piste !

PROJET 400 HP by SHIFTECH

La voiture que nous avons testée est celle du préparateur Shiftech, une acquisition dont le but est d’être la vitrine de son savoir faire. Voici donc le Projet POLO R WRC 400hp, la Polo routière la plus puissante et la plus rapide jamais proposée au public. Au programme une préparation moteur très sérieuse avec 400 ch. et 500 Nm mais aussi un châssis adapté à cette cavalerie. On y reviendra prochainement… mais pour l’heure, voyons déjà ce qu’un simple Stage 1 de 300 ch. procure à cette Polo !

Dans le cas du Stage 1, Shiftech a « simplement » retravaillé la cartographie électronique du moteur. Résultat : 300 ch. et 445 Nm, soit un gain conséquent ! Pour ce faire, les paramètres moteur tels que la pression turbo, le timing de l’injection et de l’allumage ont été adaptés. Mais, dans le cas de cette Polo, la tâche était particulièrement ardue car on a dû composer avec une traction particulièrement légère et dépourvue de différentiel autobloquant, donc sujette à faire patiner ses roues à la moindre accélération. Cela s’est traduit par une refonte complète de la gestion du boost pour ne pas risquer de saturer le train avant ou de rendre le XDS complètement fou ! Le but était de délivrer le couple (donc le boost) de façon progressive… plus facile à dire qu’à faire, mais Shiftech y est parvenu de fort belle manière ! Sur le terrain cela se traduit par un moteur qui delivre sa force de façon contrôlée sur les premiers 3000 tours et qui, ensuite, lâche tout et prend ses tours jusqu’au rupteur tel un atmosphérique, impressionnant ! Ainsi modifiée, cette Polo devient redoutable sur autoroute où elle fait étalage de reprises du niveau d’une Focus RS stage 2, normal puisque leurs rapports poids-puissance (4,16 vs 3,96 kg/ch.) et, surtout, poids-couple (2,23 vs 2,66 Nm/ch.) sont semblables. Bon, avouons qu’à l’image de la version standard, le châssis est encore plus dépassé par la santé de son moteur mais c’est quand même super marrant.

Nous sommes retournés faire quelques tours sur circuit pour voir l’impact de la préparation moteur seule, verdict : 2 secondes plus vite ! Et cela aurait pu être plus car les freins de notre voiture n’étaient plus tout frais (ils avaient trinqué lors de la première séance) ; cela se voit bien sur l’acquisition de données qui indique une déccélération de 0,949 g avec la stage 1, à comparer au 1,124 g de la première séance en vesion standard. Une autre indication étant le temps du secteur 4 (ligne droite) à peine inférieur de 14 centièmes alors que c’est l’endroit ou toute la puissance peut s’exprimer… la faute aux freins qui étaient morts et qui nous obligeaient à freiner 25 mètres plus tôt ! Mais tout cela va rentrer dans l’ordre prochainement avec une beau kit freinage 4 pistons… Une affaire à suivre !

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