Essai circuit : La Mazda RX8 sur la Nordschleife

rx8@ring

Suite à l’acquisition de ma dernière voiture personnelle, une Mazda RX8 d’occasion, je suis allé faire un tour sur mon circuit de référence pour juger de son comportement et me faire une idée de son potentiel…

Tout d’abord faisons les présentations. Mon exemplaire est une standard power en finition Challenge de 2004 et qui totalise actuellement 36.000 km. Autant dire que son premier propriétaire l’avait chouchoutée, si bien qu’elle est comme neuve esthétiquement et mécaniquement ! Elle est dans son état d’origine et la seule modification se situe au niveau des pneumatiques qui sont des Falken ZIEX ZE912, très confortables et silencieux mais peu sportifs, on y reviendra…

Poste de conduite

L’habitacle est une des spécificités de la RX8 puisque ses portes antagonistes s’ouvrent en éventail en libérant un bel accès à bord grâce à l’absence de pilier central « B ». Son intérieur est traité de façon sportive et raffinée ; un exemple, le tunnel central qui court tout le long en fait une stricte 4 places. L’ensemble est bien présenté avec des matériaux de belle facture (sauf pour certains plastiques durs facilement rayables ici et là). La position de conduite est perfectible, en cause, une assise un peu haute et un manque d’amplitude des réglages du volant et du siège. Le très beau siège conducteur présente une courbure lombaire trop marquée à mon goût et est malheureusement non réglable sur ma version (mais ce n’est pas beaucoup mieux sur les versions qui disposent de ce réglage). Le pédalier est bien agencé pour l’exercice du talon-pointe qui participe grandement au plaisir de conduite des aficionados. Le combiné d’instruments est clair et bien présenté alors que le tableau de bord arbore un dessin agréable et affiche une bonne qualité perçue tout en étant ergonomique.

Moteur

L’autre particularité de la RX-8 c’est son moteur, un rotatif de type Wankel, qui est monté en position centrale avant, c’est-à-dire derrière le train avant. Présent sur les RX-7 depuis toujours, il a reçu une évolution majeure au niveau de ses lumières d’échappement qui deviennent latérales et non plus périphériques. Il profite de l’occasion pour adopter le patronyme RENESIS qui désigne ce Wankel atmosphérique très particulier. Son faible encombrement et sa légèreté confèrent à la RX-8 une répartition des masses optimale (50/50).  Sa modeste cylindrée de 1308 cm3 délivre pourtant 192 ch. / 220 Nm aux régimes respectifs de 7700 et 5500 tours, un moteur à cravacher donc ! Sa plage d’utilisation idéale se situe entre 4000 et 5500 tours où il fait preuve d’une belle santé et entre 6200 et 7700 tours où l’on va chercher la puissance maximum (voir relevé effectué chez notre partenaire Shiftec Luxembourg).

En route

Passons aux choses sérieuses ! En faisant route vers le Nuerburgring, j’ai pu me familiariser avec la conduite à haute vitesse de ma monture puisque l’autoroute Trier-Koblenz dispose de quelques tronçons à vitesse illimitée, sympa ! A haute vitesse (Vmax de 227 km/h testée en légère descente) j’ai découvert un comportement relativement stable mais tout de même sensible aux ondulations de la chaussée, rien de grave mais les suspensions « pompent » légèrement dans ces conditions. En arrivant sur le parking du vieux Nuerburgring, appelé Nordschleife par les locaux, de nombreux bolides font déjà la file pour monter en piste… On ne compte pas les Porsche, BMW M3 ou autres GT-R et Corvette, voire même l’une ou l’autre Ferrari ! Pas un impressionné par cette illustre concurrence, je me décide à monter en piste à mon tour, non sans avoir effectué le traditionnel « pit stop »  aux toilettes du restaurant GRÜNE HÖLLE. En route donc pour 20.8 km de folie !

En piste !

Muni de ma carte magnétique, je passe la barrière du circuit et je commence à enchaîner les rapports pour prendre de la vitesse et, déjà, attaquer les premiers virages de Hatzenbach. Je dois bien avouer que la prise de vitesse de ma RX-8 est loin d’être foudroyante, la faute au couple modeste et haut perché de son moteur. Cependant, une fois dans les tours, il ne démérite pas et est loin d’être ridicule sur la première portion de ce tracé qui s’effectue essentiellement en descente. Sur les premiers enchaînements de virages, le châssis se montre stable et équilibré même si l’on sent une mise en appui manquant de tranchant. C’est comme si elle se faisait en deux phases, d’abord les pneus sont comprimées et ensuite les suspensions. Ce phénomène est probablement lié aux Falken, bien moins sportifs que les Bridgestone, qui équipent la RX-8 en première monte… En effet, leur flanc semble manquer de rigidité, ce qui expliquerait ce phénomène. On approche maintenant de Flugplatz et Schwedenkreuz, des portions très rapides et tout en descente, faites de longues courbes parsemées de bosses. A ce stade, un constat s’impose déjà, les délestages de la caisse trahissent une suspension trop souple pour l’épreuve du circuit. La voiture se dodeline sur ses pneus et ses suspensions, et il faut avoir une certaine habitude ou confiance (ou les deux ?) pour garder les gaz à fond… histoire de rester devant la GT-R qui grossit dans mes rétros ! Arenberg est le premier test pour les freins et là, pas de mauvaise surprise, le touché de pédale est bon et le ralentissement correct. On poursuit ensuite notre descente vers le point le plus bas du circuit, Metzgesfeld, tout en s’habituant à ce châssis qui manque légèrement de précision du fait du couple pneus /suspensions. Un mot sur la direction électrique qui présente une bonne pondération dans l’effort mais qui manque aussi un peu de feedback. De son côté, le train avant manque de tranchant et de mordant… les pneus, toujours les pneus ! Pourtant je ne peux pas me plaindre de leur adhérence qui est bonne une fois en appui, c’est plutôt l’inscription dans le virage qui semble problématique. Mais entendons nous, c’est très correct, je compare juste à d’autres voitures plus extrêmes ou plus affutées. La suite de mon tour met en évidence le manque de punch du moteur sur toute la remontée entre Bergwerg et le Karussell, normal, mais aussi la très bonne homogénéité du châssis sur ce circuit extrêmement exigeant.

Conclusion

La RX-8 a passé l’épreuve du « Ring » avec succès malgré les quelques imperfections qui ont été remarquées. On ajoutera encore que sa boîte de vitesses aux 5 rapports un peu justes, oblige à tutoyer trop longtemps le régime maximum sur certains enchaînements. Signalons aussi un léger souci avec le 3ème rapport qui a parfois du mal à s’engager au rétrogradage (comme sa grande sœur feu la RX-7 d’ailleurs). On regrettera encore le manque de maintien de ses sièges qui présentent pourtant un dessin sportif. On attribuera, par contre, une bonne note à ses freins qui ont tenu la distance sans faiblir et sans être soumis au fading, ceci malgré des signes d’instabilité dans certains freinages en appui (piste humide par endroits). Comme décrit plus haut, son châssis est très stable et équilibré sur bonne chaussée une fois la mise en appui effectuée. Sa suspension gagnerait, cependant, à être raffermie pour mieux digérer dans les compressions et les délestages (la pose d’un combiné Eibach/Bilstein est envisagée dans un futur proche). Ainsi dotée et avec ses Falken peu sportifs, son comportement pourrait se rapprocher de celui d’une certaine GT86… En conclusion c’est une bonne auto, vu sa ligne et ses prestations, surtout au prix où on la trouve actuellement en occasion … reste sa consommation (12-14 l/100 km) qui en fait une voiture difficilement utilisable quotidiennement pour la plupart d’entre nous !