Chevrolet Camaro: Bad boy… gentil robot !

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La Camaro est un peu à Chevrolet ce que la Golf GTI est à VW, c’est-à-dire la sportive de la gamme d’un constructeur généraliste. Mais, en réalité, elle se bat plusieurs catégories au-dessus.

Découverte

Cette Camaro a beau être une nouveauté chez nous, elle ne nous est pas vraiment étrangère puisque nous l’avons découverte sur grand écran, il y a 4 ans déjà, avec le premier opus de la saga Transformers. Elle y incarnait Bumblebee, un gentil robot venu de l’espace pour défendre la terre contre les méchants envahisseurs extraterrestres… Autant dire qu’elle a fait son effet  lorsque je l’ai découverte en « chair et en os » ! Ce coupé bodybuildé de presque 5 mètres en impose avec ses énormes roues de 20 pouces et sa silhouette trapue. Elle a la gueule de l’emploi et assume sans équivoque son double statut de muscle car et de vedette de cinéma. Bref, une réussite esthétique dans le genre !

Technique

Eh oui, on va parler technique avec une voiture américaine ! Non pas qu’elle utilise des technologies novatrices, non, ce n’est plus vraiment le fort des productions outre atlantique depuis longtemps. En réalité, l’aspect technique intéressant se résume ici au fait que la Camaro emprunte son moteur à la Corvette, un V8 de 6.2L et 432 ch. tout simplement ! Ce moteur est bâti sur une architecture des plus classiques: un arbre à cames central logé au centre du « V », aucun contrôle électronique de l’ouverture des soupapes, pas de turbo, pas d’injection directe… non, juste des centimètres cubes pour produire des chevaux en quantité (plus que) suffisants. D’ailleurs, un dicton américain ne dit-il pas « There is nothing like displacement », comprenez « Rien ne vaut la cylindrée »… CQFD !

Conduite

Quelle n’a pas été ma surprise en m’installant à son bord ! C’est que la qualité et le niveau de finition ont nettement progressé depuis la dernière fois où j’ai conduit une Camaro Z28… en 1992. Aujourd’hui, c’est une autre histoire; le style fait dans le genre néo-rétro mais aussi bien l’assemblage que la présentation sont de bonne facture, surtout si l’on considère le prix de l’engin. La position de conduite est correcte et la disposition des diverses commandes l’est tout autant ; reconnaissons-le, il y a un net progrès et la rigueur semble de retour au pays des cow-boys !

Notre modèle disposait de la boîte mécanique à 6 rapports courts au verrouillage viril mais précis; alors que l’embrayage demande par contre un peu de « doigté » car manquant légèrement de progressivité. Mais le point fort de l’auto est, sans conteste, son moteur V8 puisé sur la Corvette de base. Annoncé pour 432 ch. et 569 Nm, il emmène ce gros coupé à des allures inavouables. Pourtant, j’ai regretté le relatif manque de pêche sous les 4000 tours, chose étrange pour un « gros cube » américain; mais au-delà, quel festival ! Le tout dans un glougloutement de hors-bord typiquement US. La tenue de route est, elle aussi, très correcte pour ce type d’engin, surtout si l’on sait qu’il pèse presque 2 tonnes, mais il faut reconnaître qu’attaquer sur les petites routes avec la Camaro devient vite délicat… c’est qu’elle a besoin d’espace pour s’exprimer pleinement. A bien y réfléchir, pour 36.600 €, cette Camaro n’a tout simplement pas de concurrence en Europe car pour le prix d’une compacte survitaminée on a un gros méchant look et des performances de coupé super sportif. Bref, une sorte de M3 « low cost » !