Après la 911 et la Boxster l’année dernière, c’est aujourd’hui au tour de la Cayman de faire peau neuve. Et au vu des qualités affichées par sa sœur découvrable, on se demande si, pour une fois, la Cayman ne risque pas de faire de l’ombre à sa majesté la 911… Verdict au terme de cet essai !

La vie est étrange parfois. Me voilà dans l’avion pour aller découvrir la toute nouvelle Cayman au sud du Portugal et je n’éprouve pourtant pas d’émotion particulière. Le fait que ce modèle soit le « mal aimé » de la marque n’y est peut-être pas étrange, à moins que ce ne soit une baisse de forme passagère ? Bref, voyons ce que donne cet essai…
Présentation
Après l’atterrissage du charter spécialement affrété par Porsche, un service shuttle nous conduit au Centre Porsche de Faro où nous attend une horde de Cayman. Blanche, rouge, jaune ou grise, version « S » ou normale, il n’y a qu’à choisir celle avec laquelle nous allons sillonner toute l’après-midi les magnifiques routes de l’arrière-pays de l’Algarve. En route vers Sagres ! La pointe méridionale du Portugal d’où partaient jadis les explorateurs du nouveau monde. Notre exemplaire est une « S » richement dotée de nombreux équipements optionnels comme la suspension pilotée PASM ou la boîte séquentielle PDK. D’ailleurs, il n’y a que 4 versions manuelles prévues dans la flotte des 22 voitures d’essai. Pourquoi ? Parce que près de 70% de la clientèle ne voudrait plus que la PDK, dixit le service marketing. Hum… Mais ce n’est pas forcément mon cas.
Technique
La différence technique majeure entre la Cayman et la 911, c’est la façon dont elles portent leur moteur. En porte à faux arrière sur la 911 et en position centrale pour sa dauphine. Cette caractéristique qui aurait dû desservir la 911 a pourtant fait sa renommée. Tout particulièrement capricieuse à dompter à ses débuts, la conduite d’une 911 se méritait. A l’opposée, le schéma à moteur central offre un équilibre de comportement à nul autre pareil – ce n’est pas un hasard si les F1 et les prototypes du Mans l’ont adopté – et c’est bien ce qui fait tout l’intérêt de la Cayman dont le châssis s’est allégé de 30 kg tout en augmentant sa rigidité de 40%. Du côté des motorisations, deux blocs boxer 6 cylindres (of course !) de 2.7l et 3.4l produisant respectivement 275ch et 325 ch. sont disponibles. On a également le choix entre une boîte manuelle à 6 vitesses ou la désormais célèbre PDK à 7 rapports. Pour le reste, excepté la transmission intégrale de la Carrera 4, la plupart des options disponibles sur la 911 le sont aussi pour la Cayman.
Conduite
Parfaitement installé à bord, la position de conduite est un des éléments qui nous fait, d’emblée, adorer cette sportive. S’inspirant des dernières réalisations de la marque, l’ergonomie du poste de pilotage ne souffre aucune critique; tout est bien disposé et aisément accessible. Le maniement et le feeling de la boîte manuelle sont excellents, alors que la PDK est exceptionnelle de facilité, de douceur, de rapidité. Par ailleurs, cette dernière offre un rapport supplémentaire pour mieux accélérer à basse vitesse et consommer moins sur autoroute. Le moteur 3.4l de la « S » est partagé avec la 911 de base mais son couple et sa puissance sont légèrement inférieurs en raison de son système d’échappement plus volumineux et restrictif (c’est, du moins, la version officielle…). Qu’à cela ne tienne, ce bloc est fabuleux de souplesse et de puissance, offrant des reprises vigoureuses depuis 2000 tours et un petit effet « turbo » à partir 4500 tours. Le tout dans une sonorité envoûtante, de surcroît avec l’échappement sport optionnel qui distille de belles pétarades au « lever de pied ». Mais le domaine où la Cayman excelle véritablement, c’est dans son comportement routier. Agile et équilibré au possible, son châssis fait preuve d’une homogénéité, d’une efficacité et d’une facilité à faire pâlir une … 911 ! Arpenter les petites routes de campagne ou attaquer sur circuit se réalise tout naturellement avec la sensation de faire corps avec la machine. Un sentiment qui est encore décuplé par l’efficacité et l’endurance de son freinage en qui l’on peut avoir toute confiance, c’est bien une Porsche… Une vraie !
Conclusion
Notre essai s’est déroulé sur deux jours, et même si au terme de la première journée, j’étais déjà conquis, un doute planait cependant : que ce soit en mode sport ou normal, les réglages de la suspension pilotée PASM me semblaient un rien trop souples. Du coup, je craignais qu’elle ne puisse résister à l’épreuve de la piste. Pourtant, au terme de notre deuxième journée sur le magnifique tracé de l’Autodrome de l’Algarve, force était de constater… qu’il n’en est rien: la nouvelle Cayman a relevé le défi sans même sourciller ! Néanmoins, l’éternel insatisfait que je suis aurait préféré des réglages châssis un rien plus radicaux, voire même une suspension sport non pilotée pour ressentir pleinement les qualités dynamiques de cette Cayman. Ayant fait part de cette « critique » au responsable châssis, je fus de suite rassuré… Cette option sera disponible fin 2013. Décidément parfaite la nouvelle Cayman !
Spécifications détaillées : Cayman, Cayman S
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