Rouler dans une belle voiture de sport, c’est bien; pouvoir en profiter sur circuit, c’est mieux, surtout lorsqu’il s’agit de visiter les 3 circuits permanents de Belgique ! C’est ce que le RACB a récemment proposé aux chanceux possesseurs de GT…
Une idée géniale
Notre petit pays regorge de belles voitures de sport que nous envient certains de nos voisins comme nos amis belges. Par contre, lorsqu’il s’agit d´en profiter pleinement, il faut reconnaître que la Belgique est bien mieux lotie que le Luxembourg avec ses 3 circuits permanents, Zolder, Mettet et, celui que l’on désigne comme le plus beau au monde, Spa-Francorchamps. Les amateurs de pilotage peuvent y rouler avec leur voiture personnelle lors des désormais traditionnels « track days », mais l´originalité du Belgian GT Tour est de proposer la visite de ces 3 circuits sur une seule et unique journée. Génial ! Pour y participer, une « petite » condition : disposer d´une voiture de sport, soit un coupé ou un cabriolet à 2 ou 4 places capable de performances supérieures à la moyenne. L´esprit de ce genre d’automobile est de permettre la conduite rapide sur route (quoique de nos jours…) et sur circuit ; une voiture de gentleman driver en somme.
A la recherche de la GT perdue !
Me voilà donc convié à participer à cette journée de rêve. Un détail, et non des moindres, reste cependant à régler : trouver cette fameuse GT qui m´ouvrira les portes du Belgian GT Tour. Après quelques démarches auprès des garages locaux, une candidate fut dénichée mais, au moment d´en prendre possession la veille de l’événement, elle me fait faux bond ! Voilà donc mon rêve et accessoirement mon reportage prêts à s’évanouir… Je tente alors quelques coups de fil de la dernière chance et, miracle, voilà que la société DreamCar accepte de me confier une des supercars qui compose sa flotte de voitures de rêve ! Me voilà paré, in extremis il est vrai, pour prendre part à cette fameuse journée qui s´annonce comme l´une des plus excitantes de mon existence… Très tôt le lendemain matin, je dois retrouver ma monture dans une station-service proche de la frontière. Là, je rencontre Jean-Pierre, mon garde-fou d’un jour, mais surtout une splendide Lamborghini Gallardo orange et noire, un exemplaire de la série spéciale Bicolore. Après un rapide tour du propriétaire, nous faisons déjà route vers Zolder. Le paysage défile dans l’obscurité et le son du V10 ronronne gentiment dans notre dos… Ambiance !
Zolder
C’est sur le coup de 8h.00 que nous arrivons sur le circuit de Zolder où nous attendent notre hôte, Roland Steenhouwer, et la joyeuse équipe du RACB. Dans la loge de réception qui nous a été réservée, nous faisons connaissance avec les autres participants qui dégustent déjà quelques viennoiseries, comme pour calmer leur appétit de sensations fortes… Une trentaine de candidats ont répondu présents et ce sont quelques exemplaires de Aston-Martin, Bentley, BMW, Ford, Honda, Lamborghini, Porsche ou même Infiniti qui composent le plateau de cette première édition. Le briefing sur le déroulement de la journée est assuré par Marc Duez, le renommé pilote belge et notre coach du jour. C’est lui qui nous guidera et nous conseillera sur les particularités et détails de chacun des circuits. Avant de monter en piste, Marc nous explique encore quelques spécificités du tracé limbourgeois tout en nous informant de la limite de bruit de 95 dB… Certains s’en souviendront ! Un premier tour de reconnaissance derrière la M3 de Marc et voilà la meute de GT lâchée sur Zolder… Je découvre le pilotage de la Gallardo sur ce tracé que je connais bien; sa facilité de conduite et le punch de son V10 sont étonnants ! La boîte séquentielle robotisée et la transmission intégrale sont d’une efficacité redoutable, les virages et les portions de ligne droite s’enchaînent comme par magie. Ça y est, je « vis » mon rêve !
Mettet
Il est passé 10h.00 et déjà nous devons quitter Zolder pour notre prochaine étape, le circuit de Mettet. Pour s’y rendre, la caravane du Belgian GT Tour suit les indications du roadbook et ne manque pas de faire tourner les têtes sur son passage ! Le circuit Jules Tacheny de Mettet est une petite piste qui se situe dans la belle région wallonne en province de Namur. Il a récemment été inauguré pour célébrer l’ancien tracé qui s’étendait sur les routes régionales. A notre arrivée peu avant midi, nous avons droit à un autre briefing et aussi à un lunch dans les nouvelles installations du circuit. De retour en piste, nous suivons à nouveau Marc pendant quelques tours pour reconnaître le tracé et puis c’est reparti pour 1h.30 de plaisir ! Long de 2300 m, Mettet est court et peu rapide mais représente un véritable condensé de virages techniques et de freinages très intéressants pour l’apprentissage de la conduite sur circuit. D’ailleurs ce n’est pas un hasard si le RACB y a établi la RRS, son école de pilotage.
Notre Lamborghini s’y comporte bien mais se sent un peu à l’étroit tout de même, c’est qu’elle préfère les grands espaces pour faire parler ses 560 ch.
Spa-Francorchamps, un final en beauté !
14h.00 déjà ! Il temps de se mettre en route vers l’apogée de notre périple, le circuit que l’on surnomme le « toboggan des Ardennes »; oui, il s’agit bien de Spa-Francorchamps. Cette fois, nous délaissons le roadbook au profit d’un itinéraire original composé de petites routes bien sympathiques. Il fait un soleil radieux et nous profitons, vitres ouvertes, des vocalises de notre V10 qui se réverbèrent sur les murs des villages et les flancs des vallées que nous traversons… Inoubliable ! Nous arrivons enfin à Spa, excités et tristes à la fois car notre journée touche à sa fin… Pour terminer en beauté, et en attendant que la piste soit libérée, Marc Duez nous fait visiter le QG du circuit, le Race Control est bardé d’écrans plats où l’on peut surveiller tout ce qui se passe sur la piste; impressionnant !
Nous montons enfin en piste, toujours derrière notre coach pour (re)découvrir la montée du Raidillon, la descente vers le double gauche de Pouhon ou encore la très rapide portion de Blanchimont. Je sens tout de suite que notre Gallardo est dans son élément, sa puissance de feu peut enfin s’exprimer et les lignes droites deviennent une formalité. Elle est aussi d’une belle efficacité dans les enchaînements de virages qui sont un régal grâce aux quatre roues motrices. Bref, une auto qui correspond parfaitement au tracé ultra rapide de Spa-Francorchamps. La preuve : nous y avons tourné en 2’59’’ en toute décontraction; facile avec une supercar de cette trempe ! Il est 18h00, le feu du circuit passe au rouge et marque la fin des réjouissances… Nous nous retrouvons tous sur la terrasse du bar où nous attend l’équipe du RACB avec une coupe de champagne et un petit diplôme en guise de souvenir.
Cette belle journée s’est déroulée à merveille : une voiture formidable, une météo parfaite, une organisation qui ne l’était pas moins et aucun incident à déplorer, on en redemande !


