MetroCAB : Un taxi londonien « made in Luxembourg » !

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Pour une surprise c’en est une de taille que nous avons découvert ce mardi 4 septembre dans les locaux de l’ACL : le projet d’un tout nouveau taxi à technologie hybride, et qui plus est,  soutenu financièrement par Mangrove Capital Partners et Genii Capital, les sociétés d’investissement de l’homme d’affaire Luxembourgeois Gérard Lopez (propriétaire de Lotus F1 Team).

Mais de quoi s’agit-il exactement ? Encore un de ces nombreux projets automobiles tentant de surfer sur la vague de l’électrique pour récolter des subsides public ou privés au passage ? C’est ce que nous allons tenter de découvrir…

Commençons tout d’abord par le look… Et là, force est de constater que c’est plutôt réussi puisque ce n’est ni plus ni moins qu’une ravissante réinterprétation moderne des légendaires taxis londoniens. Traité dans le style néo retro comme les fameuses new Mini et Cinquecento, il tape en plein dans le mille pour amasser un maximum de capital sympathie auprès du public… on est d’ailleurs prêt à parier qu’on fera la file pour monter à bord ! Ensuite le gabarit est plutôt généreux ; en effet sa longueur de 4,9m et sa hauteur de 1,89m lui permettent d’emmener 7 passagers tout en assurant l’accès aux moins valides.

Et la technique dans tout ça ? Eh bien c’est là qu’on découvre la plus grande surprise… De fait, ce joli taxi a été développé de A-Z par la société britannique Frazer-Nash pour tout ce qui touche aux systèmes hybride et électrique. Car évidemment ce taxi est ce qu’on appelle un véhicule électrique à extension d’autonomie, un EREV comme disent les anglo-saxons.

Késaco ? Pour faire simple retenez que c’est une voiture électrique qui se recharge sur secteur comme la Nissan Leaf mais aussi en activant son moteur essence de secours quand il n’y aucune borne de recharge en vue. Une sorte d’Opel Ampera déguisée en taxi londonien ? Presque ! De fait, MetroCAB embarque un moteur électrique par roue à l’arrière, un pack batterie de technologie lithium polymère et un moteur à essence dont le but est de recharger les batteries quand ces dernières sont vides. Donc rien de vraiment révolutionnaire dans tout cela puisque c’est le schéma type des EREV comme l’Opel Ampera (voiture de l’année 2012). Sa consommation est annoncée à 3.8 l/100km en ville, ses émissions à 50 g CO2/km (sur le cycle NEDC) et son autonomie électrique de +/- 55 km, donc tout à fait conforme à ce que l’on est en droit d’attendre de ce genre de véhicule. 

Non, ce qui est étonnant, c’est que la technologie hybride et tous ses composants proviennent d’une seule société, Frazer-Nash, qui dit vouloir tout contrôler plutôt qu’acheter ces composants aux spécialistes du domaine comme le font tous les constructeurs automobiles depuis un certains temps déjà… pour réduire leur coûts et c’est là qu’on découvre une deuxième surprise : le prix ! En effet, MetroCAB est annoncé aux alentours de 42.000 EUR, soit 3.000 EUR de moins que l’Ampera, et cela, avec des moyens de production encore inconnus et un volume de production annuel estimatif de 10.000 unités (trop peu pour être rentable) ! Cerise sur le gâteau, le moteur thermique classique des prototypes présentés va être remplacé à terme par un moteur rotatif de type Wankel, un birotor atmosphérique de 800 cm3 de cylindrée fait maison ! Etant fan de cette technologie (ndlr. heureux propriétaire d’une Mazda RX-7), je ne peux qu’applaudir la démarche car, si elle est inadaptée de nos jours pour propulser les voitures modernes, elle sied particulièrement aux applications hybrides (absence de vibrations, puissance et encombrement). Mais je ne peux m’empêcher d’émettre de réelles réserves quant à son introduction en « grande série » par une si modeste structure…

Bref, je suis reparti de cette première mondiale plein d’enthousiasme et, disons-le, de fierté même, tant ce projet est ambitieux et innovant (c’est le seul réel projet de taxi hybride connu à ce  jour) mais aussi avec une crainte certaine (et probablement fondée) de ce que nous réserve la réalité qui est extrêmement dure dans le monde automobile actuel.

En tout cas le galop d’essai à bord de notre proto blanc fut probant même s’il était encore imparfait… normal c’est un proto !

Alors, est-ce que Gérard Lopez transformera cet « essai » comme à son habitude ? Rien n’est moins sûr… Mais comme on dit  à Londres : « Wait and see ! »

http://www.frazer-nash.com

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